dimanche 4 novembre 2007
Un petit goût d'échalote
Ses boucles aplaties par la pluie. De fines gouttes teintées de henné auburn perlent au bout de ses nattes et viennent s'écraser une à une sur mes pieds nus. Le rimel dégoulinant invente des papillons inconnus autour de ses yeux verts remplis de larmes. Elle sanglote devant ma porte.
- Mais que t'arrive-t-il ?
- Il ne veut plus de moi...
- Hein ??? Mais pourquoi ?
- Il dit... c'est humiliant... que j'ai le goût écoeurant de l'échalote.
- Tu plaisantes ?!!
- ...
- Il n'y connaît rien ! C'est ce que je préfère en toi. Ce petit goût champêtre et raffiné.
Et de lui prouver sur le champ. Je l'embrasse à pleine bouche. Tout en elle embaume l'échalote. Sa peau, ses seins lourds et ronds, son ventre, et surtout sa fente douce et lisse. Je déguste ce fruit avec gourmandise.
Jamais Anne n'avait si bon goût que lorsqu'elle était abandonnée par un homme. Et toujours elle venait se réfugier dans mes draps, pour mon plus grand plaisir.
vendredi 26 octobre 2007
Janine
Assise sur un voltaire, elle lit. Une main tient le livre l’autre part en exploration entre ses cuisses.
Sans s’en rendre compte, sa main a glissé dans sa culotte. Comme toujours...
Quand elle est au téléphone. Quand elle regarde la télé. Quand elle écoute de la musique. Quand elle regarde par la fenêtre. Dès qu’elle est seule. Ses doigts sont toujours dans sa fente. Ils la connaissent par cœur depuis le temps. Et pourtant…
Elle ne sait pas la faire pleurer comme le font les hommes ou sa petite amie. Elle n’a jamais su. Elle n’a jamais pu. La masturbation ! Mais qui aurait envie de se chatouiller seul ? Alors que les autres savent si bien le faire ! Ils sont si surprenants ! Elle ne sait jamais à quoi s’attendre. Vont-ils la mordre ? L’aspirer ? La faire bouillir d’impatience en léchant lentement tout autour du bouton sans jamais l’effleurer ? Va-t-elle sentir la douce chaleur d’une langue humide ou des doigts un peu froids et rugueux ? Ce qu’elle préfère c’est quand le clitoris entre les dents, Anne le titille du bout de la langue.
Tiens ! Elle se fait plus glissante. Ses pensées l’ont transportée. Ses doigts entrent et sortent si facilement. C’est doux. C’est chaud. Elle se laisse aller. Ses cuisses se décontractent. Son bassin bascule un peu vers l’avant. Elle pense à Anne. Elle lui manque. Pourtant elle n’est partie que depuis une heure. Anne… Elle fait maintenant rouler ce bouton précieux entre ses doigts. Anne… Elle presse. Elle frotte. Le plaisir monte. Elle est si humide. Comme si Anne lui avait bavé dessus ! Anne… Ses doigts s’agitent de plus en plus. Sa respiration s’accélère. Elle ferme les yeux. Elle est avec Anne. C’est bon. C’est vraiment bon. Comment a-t-elle pu passer à côté de cela pendant tant d’années ? Elle sait exactement ce qu’il faut faire. Le plaisir ne descend pas. Elle gémit, elle se tord et tressaute. Anne…
Le téléphone ! Elle sort de sa torpeur. Elle était si bien. Il faut répondre.
- Anne !
- Mon rendez-vous est annulé. Je rentre !
- Justement je pensais à toi…
